marion lenne

Députée de la 5ème circonscription de Haute-Savoie

Intervention de la France au Sahel – Déclaration du Gouvernement

Aujourd’hui, le Gouvernement a effectué une Déclaration devant l’Assemblée nationale conformément à l’article 50-1 de la constitution. Cette déclaration a été suivie d’un débat sur ce sujet fondamental pour la stabilité du Sahel et la sécurité de la France.

La France est présente au Sahel depuis 2013 et l’intervention décidée pour venir en aide au Mali face au terrorisme djihadiste. L’opération Serval, rebaptisée Barkane en 2014, déploie jusqu’à 5000 soldats pour aider l’ensemble des États de la région à lutter contre les djihadistes et former leurs forces armées face à cette menace. Pour autant, les évolutions du contexte de ces dernières années nous amènent à réévaluer ce choix et redéfinir notre stratégie au Sahel.

En effet, en 2020, un coup d’État a renversé le Président malien Ibrahim Boubacar Keïta et installé au pouvoir une junte militaire. Ce pouvoir s’était engagé sous la pression de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à organiser des élections en février 2022 mais il les a finalement repoussées, occasionnant la réprobation et des sanctions de la part de la CEDEAO. Par ailleurs, la junte s’est rapprochée de la société militaire privée russe « Wagner », une organisation proche du gouvernement russe, dans un signe de défiance marquée vis-à-vis de la France. Les tensions ont culminé avec l’expulsion de l’Ambassadeur de France au Mali le 31 janvier 2022.

Dans ce contexte de plus en plus complexe, il était nécessaire de redéfinir la stratégie française au Sahel, en lien avec les partenaires européens présents dans le cadre de la taskforce Takuba. Une rencontre sur cet enjeu a été organisée avec plusieurs dirigeants européens et africains le 15 février, à Paris. Elle a abouti à la définition de 4 directions d’évolution de l’engagement au Sahel :

1. Impliquer et appuyer d’avantage les pays du golfe de Guinée dans la lutte contre le terrorisme, alors que les attentats sur leurs territoires ont augmenté.

2. Mettre davantage les populations civiles au cœur de notre stratégie de lutte contre la menace terroriste, alors qu’elles en sont les premières cibles.

3. Faire évoluer les modalités de notre présence militaire, en accélérant la transformation engagée au sommet de Pau (2020) et confirmée au sommet de N’Djamena (2021), dans l’idée de venir en soutien et d’être davantage intégrée aux forces militaires locales.

4. Le retrait de la présence militaire de la France et des États engagés dans la task force « Takuba » au Mali, qui devrait prendre entre quatre et six mois. Certains éléments militaires européens seront repositionnés au Niger.

Au-delà de ces aspects sécuritaires, il est tout aussi nécessaire de maintenir et d’accentuer notre effort d’accompagnement du développement dans la région. En effet, les groupes terroristes prospèrent sur la pauvreté et le manque de perspectives, notamment pour les jeunes de ces États. On peut rappeler à ce titre que le Mali est le premier bénéficiaire des crédits de l’Agence Française de Développement avec 96,5 millions d’euros versés en 2019.

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